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L’accès limité au logement peut mettre en péril la sécurité de certain·e·s Canadien·ne·s pendant la COVID-19.

Lors des interruptions causées par la pandémie de COVID-19, on a dit aux Canadien·ne·s de rester à la maison afin de réduire les taux d’infection. À la fin mars, alors que la pandémie commençait à s’installer dans le pays, le premier ministre Justin Trudeau a déclaré aux Canadien·ne·s, dans un discours télévisé, « rentrez à la maison et restez-y. »

Mais pour beaucoup, ces directives de santé publique se sont avérées plus difficiles à suivre. D’innombrables Canadien·ne·s continuent de lutter pour accéder à un logement sûr et abordable, ce qui les expose à un risque encore plus grand pendant la pandémie.

Le manque de logements abordables et les salaires peu élevés ont été au cœur des problèmes de logement au Canada. Près d’un Canadien sur cinq dépense plus de 50 % de son revenu sur le loyer et 53 % des Canadiens vivent d’une paie à l’autre.

Bien que les prix des loyers aient été revus à la baisse dans certaines villes pendant la pandémie, ils restent généralement élevés – en particulier dans les grands centres urbains comme à Toronto et à Vancouver. Cette réalité, combinée aux licenciements massifs liés à la COVID-19, fait courir aux Canadien·ne·s le risque d’une instabilité du logement.

Un soutien au revenu a été offert par l’entremise de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) et des subventions locatives ont été mises en place dans certaines provinces pour tenter d’alléger la pression sur les locataires, mais certain·e·s Canadien·ne·s passent encore entre les mailles du filet. Une étude réalisée en avril par l’organisation communautaire ACORN a révélé que sur les plus de 1 000 personnes interrogées, 42 % n’avaient pas droit à la PCU ni à l’assurance-emploi (AE) pendant la pandémie, et que plus d’un tiers des personnes ont déclaré qu’elles n’auraient pas assez d’argent pour payer leur loyer le 1er mai.

La COVID-19 a notamment touché les communautés autochtones, où la surpopulation et les logements inadéquats demeurent un problème de longue date. Un rapport de l’Institut urbain du Canada a constaté que, par rapport aux Canadien·ne·s de race blanche, un plus grand nombre de membres des Premières nations, des communautés métisses et des Inuits du Canada ont déclaré que la COVID-19 a eu une incidence majeure sur leur vie.

Cela n’est pas surprenant compte tenu des conditions de vie dans de nombreuses communautés autochtones. Selon le recensement de 2016, environ 23 % des membres des Premières nations vivent dans des logements surpeuplés. Pour les communautés Inuites vivant dans l’Inuit Nunangat (les quatre régions qui constituent le territoire de la majorité des Inuits au Canada), ce chiffre était d’un peu plus de 40 %. De nombreuses communautés n’ont pas accès à des sources fiables d’eau propre.

Si leurs besoins essentiels ne sont pas satisfaits, les communautés autochtones ne sont pas outillées pour se protéger contre les épidémies de COVID-19. Un rapport du Centre canadien de politiques alternatives sur les conditions de logement des populations autochtones lors de la COVID-19 a conclu que « demander aux gens de se laver les mains et de s’isoler dans des maisons surpeuplées sans eau courante, c’est comme demander aux gens qui n’ont pas les moyens de se payer du pain, de manger du gâteau ».

La pandémie de COVID-19 révèle la corrélation entre le logement et la santé, et comment le fait de jouir d’un lieu sûr qu’on appelle notre chez-soi peut protéger les individus et les communautés pendant les crises sanitaires. Bien que nous ayons tendance à considérer le logement et la santé comme deux questions distinctes, il y a des données probantes qui réfutent cette croyance. Les chercheur·cheuse·s ont constaté que le logement inadéquat était lié à un ensemble de choses comme l’asthme, la dépression et les taux de mortalité des personnes âgées.

L’approche « Logement d’abord », qui consiste à trouver des logements à des personnes en situation d’itinérance, reconnaît la corrélation entre le logement et la santé et a largement démontré son efficacité pour réduire, et dans certains cas – comme dans la ville de Medicine Hat, en Alberta. – pour éliminer carrément le sans-abrisme lorsque mise en œuvre de façon rigoureuse.

Pour les communautés autochtones, la définition de « Logement d’abord » est encore plus vaste et inclut les liens avec la communauté et la terre. Dans un rapport de l’Université de Winnipeg et de l’Institute of Urban Studies, les chercheur·cheuse·s ont examiné comment adapter les stratégies de Logement d’abord dans les communautés autochtones. Le rapport portait essentiellement sur la ville de Winnipeg, où l’on estime que 66 % de la population sans-abri est autochtone, et a formulé des recommandations basées sur des consultations avec les ancien·ne·s et les dirigeant·e·s de la communauté locale.

Un exemple de ce à quoi ces changements pourraient ressembler se situait à l’étape de l’admission : le rapport recommandait que les outils d’admission et d’évaluation typiques n’étaient pas appropriés aux contextes autochtones et que des processus d’admission trop cliniques et invasifs risquaient de traumatiser encore plus les individus. Dans l’ensemble, le rapport recommande d’adopter une vision plus holistique dans la lutte contre le sans-abrisme et, contrairement à l’individualisme soutenu par les stratégies typiques du programme Logement d’abord, souligne l’interdépendance des communautés.

Le lien entre la santé et le logement a également été mis en évidence dans le rapport. « Pour les peuples autochtones sans abri », le rapport indique que « l’accès à un logement culturellement adapté, approprié et abordable contribue directement à l’amélioration de la santé, du bien-être et de la stabilité ».

Bien que la plupart des réponses aux crises du logement et de la santé au Canada aient été globalement inadéquates, la pandémie de COVID-19 a présenté quelques exemples positifs de la manière dont le sans-abrisme peut être traité lorsque les gouvernements choisissent de donner la priorité aux questions de logement. À Toronto, la ville a libéré environ 1 200 chambres d’hôtel pour les gens en maisons d’hébergement, et dans certains cas, la pandémie a facilité et accéléré le processus de recherche de logement.

Un sentiment d’urgence similaire pourrait être appliqué au monde post-COVID-19, affirment les défenseur·euse·s. Naheed Dosani, un médecin qui travaille avec les populations sans-abri, a affirmé dans Policy Options que la pandémie a montré que des politiques nouvelles et transformatrices sont possibles en matière de sans-abrisme.

« Lorsque nous aurons surmonté cette crise, sommes-nous prêts à repousser les gens là où ils étaient, dans les rues et les maisons d’hébergement », écrit Dosani. « Ou sommes-nous prêts à accepter que la solution au problème des sans-abri est entre nos mains? Nous avons juste besoin de la volonté morale et politique pour y parvenir. »

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