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Les services de traduction jouent un rôle fondamental afin de permettre un accès équitable aux soins de santé

En juin, la coalition Migrant Workers Alliance for Change (MWAC) a été contactée par un hôpital lui demandant de traduire des informations de l’anglais à l’espagnol pour un de ses patients, un travailleur agricole migrant qui était dans un état critique après avoir contracté la COVID-19. Dans un rapport récent, la MWAC décrivait la nécessité d’obtenir le consentement verbal de l’homme avant de le placer sous respirateur, qui a poussé l’hôpital à appeler la MWAC. Plutôt que de faire appel à un·e interprète médical·e qualifié·e, un·e médecin a tenté de communiquer des informations au patient en utilisant l’appli Google Translate sur son téléphone. « Lorsque nous avons parlé au travailleur pour l’informer de ses choix, et du fait qu’il était possible qu’il ne se réveille jamais, il a confirmé qu’aucun service d’interprétation ne lui avait été offert au cours des jours précédents, » mentionne le rapport.

Cet incident souligne à quel point il est indispensable d’avoir accès à des services de traduction dans les milieux de soin, particulièrement pendant la COVID-19. Sans un accès à des services de traduction et d’interprétation, les patient·e·s ne peuvent être informé·e·s adéquatement de leurs choix face à leur santé et ne peuvent fournir au personnel médical l’information dont il a besoin pour prodiguer le meilleur traitement possible.

Dans le sud-ouest de l’Ontario, où de nombreux·ses travailleur·euse·s agricoles provenant de pays hispanophones travaillent et vivent en promiscuité, d’importantes éclosions ont vu le jour dans plusieurs fermes en raison de conditions non sécuritaires et d’un accès aux soins inadéquat. En date du 1er juin, environ 18 pour cent de tous les cas de COVID-19 signalés dans le comté de Windsor-Essex étaient des travailleur·euse·s migrant·e·s. Malgré cela, la MWAC a continué de recevoir des plaintes de certain·e·s travailleur·euse·s qui ont affirmé ne pas avoir été en mesure d’avoir accès à des services de traduction en espagnol et en anglais.

Aux États-Unis, où la communauté hispanique a été particulièrement touchée par le virus, le besoin de traducteur·rice·s est d’autant plus important. Selon le CDC, les personnes d’origine d’origine hispanique et latine ont un taux d’hospitalisation quatre fois plus élevé que les personnes non hispaniques de race blanche en Amérique.

Bien que l’association entre les compétences linguistiques et la santé soit complexe, la recherche révèle que dans l’ensemble, il est possible d’établir un lien entre une adaptation linguistique inadéquate et de mauvais résultats en matière de santé. Une étude visant à faire le suivi de nouveaux·elles immigrant·e·s dans de nombreux contextes entre 2000 et 2005 a révélé que ceux·elles dont la maîtrise des langues officielles demeurait limitée avaient une incidence plus grande d’être en mauvaise santé sur une période de quatre ans comparativement aux nouveaux·elles immigrant·e·s qui avaient une meilleure maîtrise linguistique.

D’autres facteurs interdépendants touchant les nouveaux·elles immigrant·e·s, comme l’accès au logement et le niveau de scolarité étaient également associés aux résultats déclarés en matière de santé. Étant donné que le système de soins de santé canadien est conçu pour les anglophones et les francophones, les nouveaux·elles immigrant·e·s peuvent être laissé·e·s pour compte, surtout pendant leurs premières années au Canada. Comme l’ont souligné les chercheur·euse·s, la maîtrise linguistique peut avoir une incidence directe sur la capacité d’un·e nouvel·le immigrant·e à obtenir des services de santé, et par conséquent se traduit par un état de santé autodéclaré plus faible.

La traduction médicale vise à combler cette lacune en matière de soins de santé en facilitant une communication fiable entre le personnel médical et les patient·e·s. Pendant une pandémie, lorsque le volume de personnes malades est accru et que l’état des patient·e·s positif·ve·s à la COVID-19 peut évoluer rapidement, les traducteur·rice·s médicaux·ales sont particulièrement important·e·s pour veiller à ce que les patient·e·s puissent communiquer leurs symptômes et comprendre leurs diagnostics.

Comme l’a mentionné Natalya Mytareva, directrice générale de la US Certification Commission for Health Care Interpreters dans une entrevue accordée au magazine Time, « tout·e bon·ne médecin ne l’est que dans la mesure où il·elle est compris·e par le·la patient·e. » Même le meilleur traitement médical ne saurait être efficace sans une parfaite compréhension entre le·la patient·e et le·la médecin. « Si le·la médecin fonde son diagnostic sur une mauvaise information parce qu’il·elle n’a pas d’interprète, que vaut ce·tte médecin? » affirme Mytareva.

Comme les hôpitaux continuent d’adopter des mesures de distanciation physique, les membres de la famille ou les ami·e·s des personnes ne maîtrisant pas les langues officielles sont dans l’incapacité d’accompagner leur proche à l’hôpital. Bien que dans un monde idéal les patient·e·s ne devraient pas devoir compter sur l’aide des membres de la famille pour assurer la traduction, l’absence de ceux-ci dans les milieux de soin n’a fait qu’accroître la demande d’interprètes.

Parallèlement, la capacité des interprètes à faire leur travail est freinée pendant la COVID-19. De nombreux·ses interprètes médicaux·ales sont maintenant forcé·e·s de faire leur travail par téléphone plutôt qu’en personne, ce qui peut nuire à la qualité de la traduction qu’ils·elles peuvent offrir aux patient·e·s, notamment par leur aptitude à détecter les signes non verbaux présents pendant une conversation. Certain·e·s interprètes ont également décrit le traumatisme lié à l’exercice de leurs fonctions pendant la COVID-19, surtout lorsqu’ils·elles font eux-mêmes partie des communautés les plus touchées par le virus.

Alors que la pandémie se prolonge, les gouvernements devraient s’assurer que personne au pays n’est laissé·e pour compte lorsqu’il est question d’avoir accès à des services essentiels. Et ces services essentiels ne se limitent pas nécessairement au secteur des soins de santé. Les travailleur·euse·s migrants·e·s illégaux·ales qui craignent les enjeux juridiques doivent être informés qu’ils·elles ont accès à des soins de santé s’ils·elles contractent le COVID-19; les nouveaux·elles Canadien·ne·s qui manifestent depuis peu contre le racisme et la violence policière devraient être informé·e·s de leurs droits légaux s’ils·elles sont arrêté·e·s; et les Canadien·ne·s aux compétences linguistiques limitées ne devraient pas faire partie des quelques 3 pour cent des travailleur·euse·s qui ne savaient pas qu’ils·elles·étaient admissibles à la Prestation canadienne d’urgence.

Bien que l’offre de services de traduction ne puisse pas réparer toutes les injustices systémiques auxquelles font face les communautés racialisées, dont bon nombre peuvent être d’origine immigrante et avoir une maîtrise limitée de l’anglais, elle est essentielle pour veiller à ce que chacun·e puisse recevoir les services dont il·elle a besoin.

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