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L’infodémie et l’importance de la vérification des faits dans le contexte de la COVID-19

Toute personne cherchant à mieux comprendre la pandémie de COVID-19 sait qu’il peut être difficile d’accéder à des informations fiables dans un paysage informationnel miné de mésinformation et de désinformation, de mythes, et de théories du complot.

Afin de répondre aux tendances inquiétantes ayant fait surface en ligne, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a lancé un avertissement concernant le phénomène d’infodémie, qu’elle définit comme étant « une surabondance d’informations, de véracité variable, qui entrave la capacité de la population à trouver des sources et des conseils fiables lorsqu’elle en a besoin. »

Une grande partie de la désinformation et des théories du complot liées à la COVID-19 qui se propagent en ligne reposent sur des sentiments antichinois et racistes. Un rapport récent du Institute for Strategic Dialogue (« Institut pour un dialogue stratégique » ou ISD) a constaté que la COVID-19 est un « outil puissant de propagande » permettant aux groupes d’extrême droite de radicaliser davantage leurs abonnés Facebook, Twitter, et YouTube.

Selon l’ISD, l’un des moyens de contrecarrer la désinformation est « [d’]inonder l’espace informationnel d’informations exactes fondées sur des faits, dans des formats facilement assimilables. »

Il est essentiel d’avoir des reportages et une vérification des faits assidus afin de freiner la mésinformation et la désinformation. Ainsi, l’Institut pour la citoyenneté canadienne s’est allié au projet Walrus Fact-Checking (« projet de vérification des faits du Walrus ») afin d’aider à réfuter les fausses allégations liées à la COVID-19. Voici deux allégations fortement répandues qui, selon nos vérificateurs de faits, manquent de preuves et sont fondées sur la xénophobie.

VÉRIFICATION DES FAITS : Le nouveau coronavirus a-t-il été créé intentionnellement dans un laboratoire chinois?

L’un des mythes les plus populaires — récemment repris par le secrétaire d’État Mike Pompeo et par le président Donald Trump — veut que le virus causant la COVID-19 ait été créé de manière délibérée dans un laboratoire de Wuhan. Dans son enquête, Walrus Fact-Checking n’a trouvé aucune preuve soutenant cette allégation :

« Une équipe de chercheurs a analysé la séquence du génome du virus et a conclu, dans sa recherche publiée dans Nature Medicine, que « le SRAS-CoV-2 [le nouveau coronavirus] n’a pas été créé en laboratoire et n’est pas un virus manipulé délibérément. »

Selon l’étude, les génomes du virus montrent des signes de sélection naturelle, ce qui veut dire qu’il a évolué de manières imprévues et complètement différentes des virus dont disposent les laboratoires. »

Il existe également d’autres théories quant à l’origine du virus — notamment que le virus aurait fui d’un laboratoire accidentellement, ou qu’il proviendrait du Marché aux fruits de mer de Huanan. Toutefois, les scientifiques ne savent toujours pas de manière certaine où la transmission initiale d’un animal à un humain a pu avoir lieu.

Bien que certains éléments de preuve démontrent un lien entre plusieurs cas du nouveau coronavirus et l’emplacement du marché, d’autres données suggèrent que les tout premiers cas du virus n’avaient pas de lien connu avec le marché. Malheureusement, plutôt que de se s’appuyer sur les faits disponibles, une grande partie de la discussion à propos de l’origine du virus sert à alimenter la discrimination. Certains usagers de médias sociaux favorisent la théorie selon laquelle le virus proviendrait d’un marché humide, encourageant ainsi des préjugés contre la nourriture et la culture chinoises.

« L’éclosion du virus a eu un effet déshumanisant, » a écrit Jenny Zhang sur le site d’alimentation Eater, « ravivant de vieilles idées racistes et xénophobes dépeignant les Chinois comme « autres » non civilisés et barbares. »

VÉRIFICATION DES FAITS : Des interdictions de voyager imposées à la Chine auraient-elles pu prévenir la propagation de la COVID-19 au Canada?

Depuis l’éclosion du virus, d’innombrables attaques antichinoises ont été enregistrées à travers le monde : la propriété d’une famille de Perth, en Australie fut vandalisée avec un graffiti disant « virus get out » (« hors d’ici virus »); le journal français le Courrier picard a publié un article qui avait comme titre « Alerte jaune »; et à Vancouver, un homme asiatique âgé a été poussé au sol à l’extérieur d’un dépanneur par un attaquant qui lui criait également des insultes raciales tout en faisant référence à la COVID-19.

Ces actes racistes trouvent également écho dans une demande marquée pour des mesures politiques visant les voyageurs chinois. Un autre article de Walrus Fact-Checking a analysé une allégation affirmant qu’une interdiction de voyager imposée à la Chine aurait pu protéger le Canada de la COVID-19, et a conclu que très peu d’éléments supportaient cette hypothèse :

« Tel que révélé par des recherches sur le VIH/SIDA, l’Ebola, la grippe, et le H1N1, non seulement les interdictions ciblées discriminent-elles en fonction de l’origine nationale des voyageurs, mais les restrictions de voyage qui visent un pays en particulier ne pas très efficaces en général […] Think Global Health a comparé le nombre de cas présents dans les pays qui avaient mis en place des interdictions de voyager contre la Chine avec ceux où des restrictions n’avaient pas été appliquées, et a conclu que ce genre d’interdiction ne semble pas affecter la propagation du virus. »

Le fait de sauter à des conclusions xénophobes sans se questionner sur leur fondement factuel est l’une des caractéristiques de l’infodémie, et il faut que les décideurs politiques, les médias, et le public s’efforcent de combattre ce problème.

Comme l’a écrit Scott Radnitz dans The Guardian, bien qu’il y ait des parallèles à dresser entre infodémie et pandémie, les deux phénomènes n’opèrent pas de la même manière. Par exemple, il est plus facile de répandre de fausses informations qu’un virus, grâce entre autres aux médias sociaux, qui permettent une transmission d’idées sans contact physique. Et, contrairement aux personnes ayant contracté la COVID-19, la mésinformation n’est pas toujours propagée par des « intermédiaires passifs ». Par exemple, il existe des extrémistes et des groupes haineux qui la propagent afin de semer la peur, la panique, et la haine. Toutefois, la transmission de mythes et de mésinformation peut être freinée et, si les bonnes informations sont aussi largement distribuées, cette transmission peut être inversée.

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